Nana

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posté le 2009-09-02 à 22:38:29
Film sublime de Jacques Audiard (sorti le 26 Août)
Si je devais noter ce film sur 5 étoiles, j'en mettrai 6 !
un pur chef-d'oeuvre
Allez le voir si vous pouvez -(interdit aux moins de 12 ans)-
"Un prophète", c'est l'ascension de Malik El Djebena, une petite frappe de 19 ans, au coeur du microcosme carcéral. Film de genre par excellence, 'Un prophète' stigmatise la prison comme métaphore de la société, partiale et agressive. Avec sa maestria narrative habituelle ('Sur mes lèvres', 'De battre mon coeur s'est arrêté'), Jacques Audiard suit pendant près de 2h30 l'immersion d'une bleusaille fragile ne sachant ni lire ni écrire dans cet univers à la violence permanente : voyage initiatique d'un apprenti taulard qui pendant ses six ans de détention, va tout faire pour améliorer sa vie autant que possible et sortir un peu moins con qu'il n'est rentré. Le prophète, c'est Tahar Rahim, auteur d'un travail de composition époustouflant devant une caméra qui ne le quitte jamais ou presque. On retrouve également Niels Arestrup, déjà figure paternelle dans 'De battre mon coeur s'est arrêté', qui incarne cette fois-ci un parrain corse en bout de course au charisme tragique. Et tout autour, il y a cette faune enragée, nerveuse, où chacun s'efforce de tirer son épingle du jeu avec l'espoir, le seul qui compte, d'"arriver au bout". Avec empathie, Jacques Audiard s'attache à dépeindre l'univers sensoriel de la prison : la peur, l'isolement, l'intimité qui n'existe plus. Epuré de tout effet de mise en scène forcé, les lignes du récit sont limpides, évidentes. Seul élément perturbateur : une présence fantomatique, matérialisation de la vie intérieure du jeune malfrat, qui apporte à l'ensemble de la trame une touche de poésie subtile. Si les ressorts dramatiques sont bien connus – jeux d'influences, conflits d'intérêts entre communautés, magouilles et business –, Audiard les assemble les uns aux autres en évitant toujours l'excès d'un traitement moralisateur ou complaisant. Dépassée, surpeuplée, la prison d'Audiard apparaît comme cette école du crime incapable d'assurer sa mission de réinsertion. Pour autant, Malik El Djebena en ressortira endurci et plus instruit.
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